… l’étape Bordelaise …

La Belle endormie …

Je me souviens de ce 02 Octobre 2016 comme si c’était hier. C’était un dimanche après-midi, et me voilà en gare de Bordeaux Saint-Jean, une énorme valise à roulette rouge à la main, à chercher la ligne C du métro euh… du tram! Ayant appris la date de mon début de mission quelques jours avant seulement, l’aventure était complète: nouvelle ville, nouveau job, bientôt nouveaux collègues, amis, appartement, quoi d’autre?! Tout, absolument tout ce qu’il y a à écrire quand on repart de zéro, dans une ville où l’on ne connaît pas âme qui vive. C’est étrange non? On a tous un ami, une cousine ou un parent, ou au pire une connaissance qui, vaguement, connaît quelqu’un qui vit dans telle ou telle ville! Bah non, pas sur ce coup là, pas à Bordeaux. Il faut dire que ce n’est pas le grand amour entre Toulousains et Bordelais il paraît, mais quand même ! Tant pis, on fera sans, la mise à l’épreuve n’en sera que plus bénéfique me disais-je. Deux heures plus tard, je rencontre Martine, mon hôte Airbnb, chez qui je vais passer mes deux premières semaines, le temps de me trouver un logement. Enfin, c’est ce que je pensais naïvement… Avez-vous déjà essayé de trouver un appartement, une colocation ou ne serait-ce qu’une chambre chez l’habitant à Bordeaux un mois d’Octobre? Cela sera ma première surprise! Vous avez beau être cadre, en CDI (mais en période d’essai, comme un bonne partie des arrivants), sans grandes prétentions ni exigences, avec une caution solvable, rien n’y fait: il va vous falloir un sacré coup de patte du destin pour réussir vous poser quelque part – et ça, c’était en 2016, c’est pire aujourd’hui! Finalement, après 6 longues semaines à payer 50€ la nuit, à vous balader d’appart en appart avec votre valise sur dos, le désespoir commence serieusement à vous guetter… Mais ça, c’était avant que je rencontre ce merveilleux couple de bienfaiteurs – et maintenant amis – au travers d’une annonce Facebook. Merci encore pour votre accueil chaleureux et pour votre bienveillance « les boys »: vous m’avez donné beaucoup de stabilité en m’hébergeant sur le long terme et vous aurez toujours une place à part dans mon cœur. Qui aurait cru que squatterai l’une de vos chambres plus d’un an en gravissant cet interminable escalier pour la première fois?!

Logement OK! Boulot? Par où commencer … Dès le début, j’ai été captivé par le fonctionnement de cette boite en 2016. Beaucoup de gens compétents, une bonne ambiance de travail malgré des projets et des contextes difficiles, mais de sacrés travers organisationnels: réorganisation annuelle, « gueguerre » de services, sous-traitants posés là sans formation, switch de projets en permanence, pression des clients … Bref, de quoi vite étourdir de jeunes diplômés fraichement sortis d’école! Malgré tout, j’ai rapidement retrouvé mes marques malgré deux années passées loin (très loin) des salles de réunion. Je me souviens avoir été le premier surpris de constater à quel point mes méthodes de travail, héritage de 10 années passés dans le milieu aéronautique toulousain, m’étaient revenues comme si elles ne m’avaient jamais quitté; le recul, la maturité et le plaisir en plus. Plaisir oui! J’ai pris beaucoup de plaisir professionnellement à contribuer à ma manière aux valeurs du groupe et à l’avancé des projets, et l’on peut s’enorgueillir d’avoir eu quelques victoires! En tant que prestataire au début, et conscient de la chance qui m’avait été donné de remettre le pied à l’étrier d’un emploi fixe finalement, j’ai vraiment pris à cœur la mission de service qui m’était confiée. C’est vrai quoi, je coûtais une fortune à cette boite, chaque jour, alors je ne pouvais pas me résoudre à m’y présenter, chaque jour, sans implication ou dévouement. Finalement, je crois que la clé est là, et j’en profite pour passer un message: collaborateurs de SSII, détachez-vous, prenez de la hauteur sur ce que vous faites, mettez sur la table vos expériences passées, penser à la chance que vous avez et à votre position extérieure. Vous vous considérez trop souvent – et certains vous considère parfois – comme une pièce rapportée, comme quelqu’un qui doit appliquer simplement ce qu’on lui dit. Mais il n’en est rien: vous êtes un joker, une pièce maitresse amenant un regain d’énergie à un client se trouvant dans une impasse technique ou organisationnelle. Ce n’est pas rien! Alors n’hésitez pas, amenez votre différence, votre richesse, et soignez vos clients; vous créerez une effervescence autour de vous, et recevrez en retour confiance et reconnaissance de votre travail. A mon sens, ces valeurs là, source d’un cercle vertueux, devraient être mises sur un piédestal, par les collaborateurs certes, mais aussi par leurs managers. Et ce fut le cas pour moi. Mes responsables, sans exception aucune, m’ont toujours accordé leur confiance. Je leur en suis encore mille fois reconnaissant aujourd’hui: assurément, j’ai grandit professionnellement et personnellement auprès d’eux ces cinq années durant. Alors je ne vais pas tout retracer ici, mais les projets furent nombreux et variés. Merci à tous, tous autant que vous êtes, pour m’avoir fait confiance, pour m’avoir supporter et permis de vivre ces aventures techniques et humaines. Je vous souhaite sincèrement beaucoup de plaisir à perpétuer ce que l’on a modestement commencer ensemble et bien plus encore.

Boulot OK! Amis? Sorties? Soirées? « Doucement le Toulousain…, c’est quoi cet accent d’abord?! ». Pour moi qui revenais de deux années de voyage au cours desquelles toute personne ressemblant de près ou de loin à un occidental devenait votre meilleur ami en l’espace de quelques heures, ce fut un véritable choc. En cause: la trentaine? L’accent? Mes capacités sociales? Les Bordelais? La France carrément? L’accent???! Va savoir … Alors j’ai employé les grands moyens: cours de salsa, site OVS – On Va Sortir -, Tinder, … rien n’y a fait durant quasiment 6 mois, de quoi serieusement remettre en question ses capacités sociales. Et puis, petit à petit, faisant parti du paysage, notamment du monde des danses latines, c’est comme si le bordelais s’étaient doucement habitués à ma présence… Et puis ça a décollé furieusement 🙂

Et c’est au tour de la ville: Bordeaux … je ne compte plus les journées et soirées mémorables que j’ai passé en ton antre. Très suspicieux au début quant à ta capacité à être accueillante et populaire, j’ai découvert un territoire idéalement situé, voisin de la Dordogne et du Pays Basque, en passant par les Landes et ce beau territoire Médocain. Bordeaux, la belle pas si endormie que ça, tu as cette énergie débordante dont seules certaines mégalopoles ont le secret. A 1h de Lacanau, du Bassin d’Arcachon et des magnifiques lacs de Hourtin ou de Biscarosse, je suis tombé amoureux pour toujours de tes plages et de ton océan. En toutes saisons, j’ai pris un pied monstrueux à faire face à la puissance marine: cette simplicité impose l’humilité à quiconque tente de s’y mesurer, et ça n’a pas de prix. Merci pour cette nature sauvage, pour ces bouteilles de vins partagées entre amis en scrutant la nuit tomber, pour ces balades à vélo, pour ces bouffées d’oxygène vivifiantes, et pour cette impression d’être en vacances n’importe quand, à coté de chez soi.

Aujourd’hui, au milieu des cartons de déménagement, cinq ans après mon arrivée alors que je pensais n’en passer que deux ici, j’ai un pincement au cœur particulier pour tout ce, toutes celles et ceux que je laisse ici derrière moi. Amis de la dance, collègues, voisins, amis d’amis ou rencontre du hasard: un grand MERCI encore pour votre bienveillance et pour tout vos bons mots de ces derniers jours. Cela m’est allé droit au cœur. Et pour sûr, Toulouse n’étant pas le bout du monde (même si l’on y prononce le mot « pain » différemment), on se reverra bientôt les amis! Ne changez rien, je vous aime.

I’m back!

Cher lecteurs  !

Tandis que les plus observateurs d’entre vous auront remarqué que, il y a deux semaines, un nouvel article est apparu sur howimetmyearth.com (oui, ce blog totalement abandonné …), la plupart me croient broke (*), tombé dans un fossé un soir d’ivresse de l’autre coté du globe, ou même décédé dans d’atroces souffrances – probablement piqué par une bestiole bien dégueulasse…

I'm back Bitchies

I’m back Bitchies

Malheureusement, il n’en est rien  : je suis bel et bien vivant  ! L’explication est bien plus simple  : je suis juste un mauvais blogueur!  xD

Il y a 2 semaines donc, transférant des fichiers d’une vieille carte mémoire vers mon ordinateur, je tombais sur «  My Poker Life – Episode 4  »  ; article écrit à San Diego en Avril 2015, mais jamais posté … Ce n’était pas un trésor ce post, mais quand même  : de quel droit vous en avais-je privé  ? C’est à peu près aussi sale que la loi El Khomri cette histoire  ! (allez, ça va virer au blog bolchevique !)

Vous savez, l’inspiration, ça va ça vient chez moi  : je suis capable d’écrire pendant 2 jours sans penser à aller pisser puis ne plus ressentir l’envie de m’asseoir devant mon pc pendant 1 mois. Bref, cet article était prêt (et pas très joyeux  : j’avais quand même lâché près de 3000$ à des ricains en 2 semaines!), mais en attente du délai légal de 2 semaines imposé entre chaque article. Et puis, je me suis remis au boulot, aux bases du jeu, à l’étude stratégique, à la lecture d’article, au visionnage de vidéo. Alternant entre le Lucky Lady Casino et le Palomar Card Club, j’ai remonté la pente dollar après dollar pendant 1 mois et demi, me sortant finalement plutôt bien de cette étape californienne, au point de fouler le sol du Navada avec de quoi voir venir. Ouf  ! Sauf que je n’ai rien écrit ni même pensé à vous entre temps… (au bûcher!)

Et ensuite ? Et puis ensuite est venu THE Vegas trip, les World Series Of Poker, l’effervescence, les sessions de 12h par jour, les soirées décompressions totalement dingues à 300$, et bien sûr mes premiers pas sur la NL500 (2$/5$). Trois semaines. 6 caves de perdues et 2500$ de frais de vie plus tard, me voilà pauvre comme les blés, une nouvelle fois. Dur sur le moment. Alors j’atterris à Montréal, je paye le loyer, et l’histoire se répète  : plus que quelques billets en poche, et pas question d’aller trouver un distributeur  ! A ce moment là, je lance un pari sur Facebook, plus pour me motiver qu’autre chose : gagner 2000$CAN avec 400$CAN de bankroll en moins de 2 semaines. En jouant conservatif sur la 1$/2$ au Casino de Montréal et avec une bonne étoile, j’y parviens, continue à jouer un peu pour payer mon billet et réussi à rentrer en France en fin juillet 2015 avec 791 euros de cash en poche  ! (et oui, les dollars canadiens valent que dalle!). Mais bon, I’m alive  !!!

S’en suis une pause pokeristique de plusieurs mois, un retour en famille et une profonde réflexion sur mon avenir. En 2016, je vais faire 30 ans. Qu’allais-je faire de ma vie à présent ? Vivre du poker à long terme ? Cela voudrait dire quitter la France à nouveau, et je n’en ai pas envie pour le moment. Et puis, dans ces conditions financière très limite, même si je m’en suis sorti à chaque fois, jouer l’équilibriste sur le fil du rasoir n’est bon qu’un temps … Alors quoi? Reprendre un job d’ingénieur dans l’aéronautique? Peut-être un jour, mais je ne suis pas encore résolu à re-rentrer dans le moule.

Restait une envie, présente avant, après et durant mon voyage : me rendre utile pour les autres. Alors j’ai commencé par transformer mon temps libre en bénévolat, d’abord en intégrant « l’équipe des gens de la rue » au sein des Resto du Cœur afin de participer à la distribution de repas chauds en soirée, puis au travers du CEDIS (Centre DEpartemental pour l’Insertion Sociale), dans lequel je fais vivre un lieu de jeu et de créativité pour des jeunes enfants et ados, pour la plupart issus de communautés d’Europe de l’Est. Mais bon, comme le bénévolat ne fait pas vivre, j’ai repris le jeu, et fait de nouvelles rencontres très enrichissantes, aussi bien humainement que techniquement. Me voilà de retour, implanté et gagnant dans le monde pokeristique toulousain, avec de nouveaux projets : quelques gros tournois dans le Sud-Ouest, quelques étapes au cercle de jeu de Clichy (Paris) en Avril/Mai, et 15 jours à Las Vegas (encore!) en Juin 2016. S’en suivra quelques mois de voyage en Amérique du Sud ou en Asie, toujours financées par le jeu. Et après? On verra bien!

Alors, si ça vous tente, restez connectés, il reste encore les trois quarts du Monde à voir et de très belles aventures humaines à vivre ! 😉

Petit indice ...

Petit indice …

(*) Terme utilisé au poker pour les types qui tout perdu, jusqu’au loyer de leur appart…

My Poker Life – Episode 4 – Welcome in US Fishon!

Welcome to San Diego

Welcome to San Diego

Le 02 Avril 2015, j’atterrissais à San Diego, au sud de la Californie. Me voilà enfin sur le sol de la mère patrie du Texas Hold’hem, pensais-je, aussi excité qu’en proie aux doutes que j’étais, après mes 18 heures de voyages. En effet, San Diego était pour moi une « marche pokeristique » critique mais nécessaire, l’ultime étape « test » avant mes premiers World Series Of Poker, toujours en ligne de mire fin mai à Las Vegas. Fort d’une bankroll (somme d’argent dédiée au poker) confortable acquise non sans mal dans les Caraibes, la Californie devait me voir changer de limite de jeu, asseoir mon expérience du jeu et faire fructifier mes pécules. Et après seulement, j’allais pouvoir tranquillement hanter les tables de la capitale mondiale du jeu… mais ça ne s’est pas tout à fait passé comme ça!

Mon hébergement trouvé et quelques jours de repos bien mérités plus tard, l’heure était venue de découvrir ma nouvelle poker room, l’endroit où j’allais passer le plus clair de mon temps dorénavant: le Palomar Card Club, situé sur le boulevard El Cajon, à l’est de la ville de San Diego. Accessible en bus direct depuis ma nouvelle demeure (et ce n’était pas gagné vu la pauvreté du système de transport public local!), plutôt appréciée par les joueurs d’après les commentaires Internet, c’était l’endroit rêvé pour se mesurer aux forces en présences et pour me lancer dans la fosse : la NL 300 (petite et grosse mise obligatoire respectivement de 2$ et 3$). J’adore ces moments où je découvre une room pour la première fois. La luminosité, les couleurs, l’odeur, l’ambiance, la disposition de tables, le bruit des jetons usés qui s’entrechoquent, les joueurs qui s’agitent, les dealers qui battent les cartes avec plus ou moins d’habileté: tout est sujet à éveiller mes sens.

Après un bref tour d’horizon de cette maison familiale, je m’inscris sur la liste d’attente du No Limit 2$/3$: « Flowryane? » me demande l’administrateur. « Non, Flooooorian.  F. L. O. R. I. A. N.! », dois-je épeler deux fois avec mon accent frenchie pour me faire comprendre. Les fois suivantes, ce sera « Flo »: nettement plus pratique! En attendant mon siège, me voilà errant dans ce nouveau monde de moins d’une centaine de mètres carrés: il est tout juste 14 heures et j’y trouverais du Black Jack, des jeux chinois incompréhensibles, du Baccara, mais surtout du poker: 5 tables de Cash game Texas Hold’em sont déjà ouvertes, dont une de Limit 3$/6$ peuplé d’asiatiques, trois de No Limit 2$/3$ et une de No Limit 5$/10$ ; enfin une table d’Omaha 10$/20$ attire les gros joueurs tandis que la table finale d’un tournoi quotidien de Hold’em à 30$ est sur le point de fermer. Ça sent le jeu dans tous les coins et c’est excitant; maintenant, place aux choses sérieuses, on m’appelle au micro!

Palomar Card Club

Palomar Card Club

Dès les premiers jours, je suis surpris: le niveau est élevé, voire très élevé par moment. « Ça change sérieusement de Saint-Martin » pensais-je, « finis les vacances et les touristes : ici, c’est la vraie vie! ». D’autant que les conditions de jeu n’étaient pas optimales pour moi, et ce pour deux raisons: d’une part, la cave maximale autorisée dans cette salle était de 100 BB alors que j’avais pour habitude de jouer plus « deep », stacké au moins au double: « Pas possible ici Monsieur, on démarre à 300$ max! ». D’autre part, les 3 tables de NL300 formaient un itinéraire, un ordre de passage obligé: c’est à dire que tous les joueurs doivent commencer à la dernière table pour peu à peu évoluer vers la table principale, là où la sélection naturelle a forcément corsé le niveau (bien que l’on y retrouvera toujours les quelques fishons chanceux du jours, cernés par les requins). Autant dire qu’il allait falloir se concentrer, et runner normal (ne pas subir de malchances successives), voir bien runner au début pour compenser le manque de technique! Et c’est ce moment particulier qu’a choisi la chance pour m’abandonner, comme elle l’avait faite, rappelez-vous, en Février dernier; cette fois ci, ce sera au milieu de cette meute de loups affamés. « Oh My Gosh », j’ai souffert! Oui je ne jouais pas tous les jours comme un Dieu, je faisais pas mal d’erreurs mais bon sang, qu’est-ce que j’ai pris dans la tronche durant les 2 semaines qui ont suivi mon arrivée!

Bref, on se rappellera que j’ai perdu beaucoup d’argent au Palomar Card Club d’El Cajon boulevard durant ce début du mois d’Avril 2015, suffisamment pour me demander s’il ne valait pas mieux se mettre au vert et garder le reste de ma bankroll pour Vegas; parce qu’ici, le fishon, c’était moi!

Arrivé à San Diego avec pas mal de cash, notamment grâce à une belle première place dans un tournoi à 250$/40joueurs fin mars à Saint-Martin, j’étais dorénavant capable de compter les billets de 100$ qui me restaient sur les doigts des 2 mains. « Plutôt mourir que de retourner dans un distributeur de billets! » pestais-je. Mais avec un loyer de 800 dollars à payer début Mai, il allait falloir trouver une solution pour ne pas sombrer dans la défaite, et vite! Alors j’ai appelé Dam, mon pote mais aussi coach dans les moments difficiles, histoire de remettre les bases à plat et de gratter quelques conseils. Bizarrement, lui avait les mêmes problèmes de l’autre coté de la mer des Caraïbes: « pute de variance »!

Et puis quelques jours plus tard est arrivée la solution miracle, en discutant avec un autre joueur croisé au Palomar: « As-tu essayé de jouer au Lucky Lady Casino? C’est mieux, tu peux caver à 500$ sur la NL300, vas y faire un tour si tu as besoin de changer d’air! ». Encore plus près de chez moi, un peu moins connue et fréquentée, cette Card room à l’image des vieux casino de Vegas pouvait être une bonne alternative, et surtout de l’air frais pour sortir la tête de l’eau et repartir à zéro! Avec une ambiance encore plus familiale (2 tables activent), quelques réguliers mais aussi quelques gros poisson, cette poker room s’avérera être la solution miracle de San Diego pour moi! On m’y donnera des jetons, mais aussi des cartes exploitables pour tenter de remonter la pente … Affaire à suivre !

Lucky Lady Casino

Lucky Lady Casino

Merci!

Nous voilà le 10 Avril, déjà! Après quelques jours de squattage de canapé chez mon amie Caro, sa (très) catho de coloc et ses deux chats (1), me voilà enfin installé dans mon nouveau chez moi Californien: un superbe appartement « 3 BR/2 Bath » situé à La Mesa, en très proche périphérie de la ville de San Diego.

Pour ceux qui sont un peu juste en « english », une petite explication s’impose quant à la dénomination de l’habitation: « 3 BR » signifie « 3 bedrooms » soit « 3 chambres », tandis que « 2 Bath » nous renseigne sur le nombre de salle-de-bain disponibles dans le logis, « bathroom » en anglais. Vous allez me dire: « Mais Bon Dieu, qu’a t-il à nous causer de salle-de-bain celui-là? On s’en branle royal! Et pourquoi pas le nombre de placard tant qu’on y est??? » Et votre question serait légitime cher lecteurs! Alors pour vous, je me suis sérieusement penché sur le sujet… Il semblerait effectivement qu’ici, aux Etats-Unis, il soit commun de mettre en avant le nombre de salle d’eau que contient le nid d’un être humain, à fortiori parce qu’il reflette directement son niveau social. Et c’est ainsi que j’ai découvert le pot-aux-roses mesdames et messieurs: sous ses airs de ne pas y toucher, notre amie Caro, avec 3 salle-de-bains pour seulement 2 chambres, est carrément gavée de chez gavée! Alors si vous aussi vous vous demandiez pourquoi elle avait quitté la France, vous avez la réponse, ne cherchez plus!

Bref, j’ai décidé de façon totalement arbitraire (ou pourrait-on dire en occident « de façon démocratique » (/bim dans ta face!) –  que l’heure n’était pas à la retranscription de mes ressentis face à cette culture américaine que j’ai repris en pleine face à peine arrivé ici. Tant au niveau « sociéto-architectural » qu’au niveau « taille des bonnets mammaires » délirants de ses habitantes – et de ses habitants … ! -, il y aurait pourtant tant à dire… Bref, vous l’aurez compris, le temps n’est pas à la critique acerbe et hâtive de la société état-uniennes, du goût prononcé des habitants de San Diego pour la domination des espèces canines et félines, pour les salles de muscu ou pour les centres commerciaux sans fins: non, n’insistez pas, je ne m’abaisserais pas à celà!

L’heure n’est pas non plus à la description de mes 2 nouveaux colocs, Calina et Toshtout simplement géniaux -, ni à la vantardise, s’agissant de la piscine, du jacuzzi ou de la salle de sport en accès libre à seulement 15 mètres de chez moi: on y reviendra!

Non, plus sérieusement, l’heure est aux remerciements. Et oui, pour là première fois de l’aventure, j’ai dû quitter des gens avec qui des liens s’étaient créés, et avec qui j’ai vécu des moments inoubliables durant ces quelques mois passés dans les caraïbes; alors je souhaitais vous adresser un petit mot sincère, à vous, mes ami(e)s saint-martinoises et saint-martinois.

Merci à toi Dam! Tu es sans contexte la plus belle rencontre que j’ai faite sur cette île. Je crois que j’ai rapidement percé ta carapace de « bogoss » pour découvrir le mec bien et sensible que tu es. Mine de rien, on s’est quasiment vu tous les jours pendant 2 mois, alors ça change d’être loin maintenant! Merci de m’avoir fait évoluer dans ma façon de jouer, mais aussi de m’avoir sortie de cette solitude dans laquelle j’ai parfois tendance à m’enterrer;  bref, merci tout simplement d’avoir été là. Ne change rien, lis mon bouqin, et tiens bon à SXM: on se revoit dans moins de 2 mois à Végas Bro!

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Avec Dam et Kari!

Merci à toi Vaness! La première bouille qui m’a mis en confiance dès mon arrivée sur l’île, c’était la tienne! Merci pour la découverte des « place to be » de Saint-Martin – souvent alcoolisés il faut le dire -, de la visite des Mega-Yatchs au trip devant le Superbowl, on a bien déliré! Merci pour l’appart, pour les draps, l’oreiller, mes premières courses et j’en passe … ! Je te souhaite que du bonheur et du courage pour fonder ta petite famille.

Aves Vaness!

Avec Vaness!

Merci à toi Anne-Cé! Tu as été une amie parfaite tout du long même si ça m’a rendu un peu ronchon par moment. On a beaucoup parler avant que je parte, alors je n’ai qu’une seule petite chose à ajouter: libère de toi même, tu le mérites.

Avec Anne-Cé et Dam!

Avec Anne-Cé et Dam!

Thanks to you Wesley! You were the best neighbor I ever had! Thank you for all our discussions everyday, around poker but not only! Thank you for all the rides you gave me! Keep it easy man: I wish you the best for future, with girls, with poker and with luck!

Merci à vous deux, Claudie et Roch! Vous êtiez un peu nos parents de coeur sur cette île et c’était important pour moi. Je crois que j’ai su apprécier à leurs justes valeurs ces moments où nous nous retrouvions tous autour de votre petite famille, notamment ces dimanches après-midis à Mullet: du pur bonheur. Surtout ne changez rien, continuez à profiter de la vie: on se voit à Montréal cet été, « pour vrai » mes amis!

Enfin, merci à tous ceux avec qui je n’ai pas eu le temps de faire plus amples connaissances mais avec qui on a échangé des bons moments de vie et de rigolades, simples et authentiques. Je pense à Osman, Vaea, Pierre, Kari, Diana Adrien, Nico, Cédric, Tony (les 3!), Winshet, Jérôme, Patrick, Yorick, le Doc, Pablo et j’en oublie forcément, alors pardonnez moi, et continuez à profiter de la vie à SXM … pour le plaisir!

Note 1: Il est bon de noter que 50% de la population de cet appartement est castré: je vous laisse imaginer l’ambiance!

Note 2: C’est chiant l’écriture en gras où ça amène un vrai plus?

My Poker Life – Episode 3: l’heure du bilan!

Déjà plus d’un mois s’est écoulé depuis le dernier épisode de la série d’articles « My Poker Life », retraçant mes aventures autour des tables de poker du monde entier. Après 3 mois de pratique assez « intensive » en République Dominicaine, Puerto Rico et Saint-Martin dans la peau d’un « joueur de poker professionnel », l’heure est au premier bilan et aux perspectives d’avenir.

Tout ces jetons???

Une bonne soirée!

Bilan

L’aventure « My Poker Life » en chiffre, c’est:

– 61 Sessions « live » sur 78 jours (10 Tournois et 51 Sessions de Cash Game)

– 27 heures de Tournois

– 200 heures de Cash Game No Limit Hold’em 1$/2$ (limite de croisière actuelle)

– 5 heures de Cash Game No Limit Hold’em 2$/5$ (one-shot test)

– 4 heures de Cash Game Pot Limit Omaha 5$/5$ (one-shot test)

– Plus de 7000 mains (approximation calculée à 30 mains/heure)

… et une courbe de résultat qui affiche une tendance tout à fait respectable!

Et maintenant?!

Ayant en tête l’idée de quitter l’île de Saint-Martin très prochainement, s’est naturellement posé la question de la suite à donner à cette aventure, qui n’était à la base qu’un épisode sur la totalité du voyage, censé durer quelques mois tout au plus.

Oui, « Quelques mois tout au plus » puisque le scénario était posé à l’avance: je devais jouer, avoir quelques hauts, quelques bas, finir par me faire rattraper par la variance et le tilt et, comme 95% des joueurs, me planter royalement, pouvant ainsi refermer tranquillement ce chapitre de ma vie et continuer ma route vers de nouvelles aventures humaines. Ainsi, le poker serait resté ce jeu auquel nous jouions entre amis jadis, pour lequel j’éprouvais une réelle passion mais qui se devait de rester dans la sphère privée, celle que l’on octroie aux distractions.

Sauf que ça ne s’est pas tout à fait passé comme ça… Outre les aspects négatifs liés au jeu et aux résultats, peu à peu devenus « obligatoires » – et qui sont autant de source de stress et d’anxiété quotidiennes sur lesquelles j’essaie de travailler -, je dois vous avouer que ma vie actuelle de « Joueur Pro » me plaît par bien des aspects, et notamment parce qu’elle ressemble à s’y méprendre à celle d’un homme libre, arrivant à subvenir à ses propres besoins en toute indépendance et n’ayant finalement de compte à rendre à personne. D’un point de vue financier, pour être totalement transparent avec vous chers lecteurs, je suis assez fier de ne pas avoir effectué d’opération bancaire sur mon compte français depuis plus d’un mois et demi, et de disposer d’une avance en cash suffisante pour pouvoir vivre encore deux mois sans apports exterieurs, sauf accident(s) pokeristique(s) majeur(s). Ok, avoir deux mois devant soi, ce n’est pas le Pérou me direz-vous, et on est ici plus proche d’une vie au jour le jour que d’un CDI avec mutuelle et épargne retraite! Mais n’est-ce pas là le prix de la liberté?

Et c’est ainsi qu’est né en moi ce dilemme: je reste conscient que vivre du poker sur le long terme est un projet de doux réveur et que 200 heures de résultats, aussi encourageant soient-ils, sont très loins d’être suffisants pour permettrent d’envisager quelque futur que ce soit dans le monde du jeu. Néanmoins, je sais pertinemment qu’arrêter l’aventure My Poker Life maintenant serait une grande source de frustration pour moi, ne me permettant pas de clore définitivement ce chapitre de ma vie. Et si, à condition d’évoluer vers des limites de jeu plus hautes, en 2$/5$ ou 5$/10$, il existait une chance infime de pouvoir voyager éternellement grâce aux cartes, alternant périodes de gambling et vacances aux quatre coins du monde, tout en assurant ses arrières? Et si un beau jour, la cinquantaine passée, je me retrouvais seul au coin d’un feu de cheminée, ressassant mentalement: « Tu as abandonné ce rêve: est-ce que ça aurait fonctionné si tu avais persisté? En aurais-tu seulement été capable?! »

Ces dernières questions achevèrent de me convaincre: mon hésitation n’était rien de plus qu’une manifestation de fébrilité. Si j’avais tout laissé derrière moi à Toulouse, ma famille, mes amis, ma copine, mon boulot, et si je voyageais avec mon sac sur le dos comme un loup solitaire depuis maintenant cinq mois, c’était avant tout pour vivre ce que la vie me proposait dans cet « ailleurs » et par dessus tout, pour ne rien regretter!

Alors cette décision que je pensais ardue à la base s’est tout à coup transformée en une affirmation implacable: « Il n’y a aucune raison rationelle pour t’arréter là! Fonce et vis ce qu’il y a à vivre! » C’était donc décidé: dorénavant, le poker ne serait plus seulement un jeu à pratiquer à l’occasion, mais bien un paramètre à part entière dans le choix de ma prochaine destination, et ce jusqu’à ce que mes résultats ne me permettent plus d’allonger la durée de ce voyage ou que je me lasse tout simplement de jouer.

Et s’agissant de la prochaine destination, il a fallu me rendre à l’évidence: le retard accumulé sur l’île de Saint-Martin, pour cause de maladie au début et de « profitage de la vie en toute insousciance » par la suite, fait qu’il est maintenant un peu tard pour rejoindre l’Amérique du Sud, qui verra arriver sa saison hivernale dès la fin du mois de Mai prochain. Et comme attiré par le célèbre dicton, cette année en Mai, j’ai décidé de faire exactement ce qu’il me plaît, c’est à dire profiter de cette aventure pokeristique à fond en participant au World Series Of Poker de Las Vegas, et en tentant de tirer profit de la manne de touristes qui s’y dépêche tous les ans à cette époque de l’année.

Dans cette optique, je m’apprête à quitter la mer des Caraïbes sur laquelle, il faut bien l’avouer, la saison touristique s’estompe peu à peu, emportant avec elle son lot d’américains prêts à vous faire gracieusement dons de quelques centaines de dollars sur le tapis vert. Mais voilà, pendant les deux mois qui nous séparent de Las Vegas, où pourrais-je donc trouver de nouveaux généreux donateurs et m’entraîner pour les championnats du monde? C’est con, mais à cet instant là, tu te sens hyper bien, te rappelant que tu as une chance incroyable; la même que celle de Robert et Lucette, dans cette célèbre publicité de la Française des Jeux: te voilà seul devant un globe terrestre qui tourne à n’en plus finir, t’ouvrant tout le champs des possibles quand au prochain pays à conquérir. Tends le doigts!

Toujours animé par l’excellent souvenir que m’avait laissé la Californie lors d’un séjour touristique, quelques années auparavant, mon choix s’est arrété là: pourquoi ne pas aller rendre visite à cette bonne vieille(1) Caro, fidèle amie (et lectrice!) française récemment expatriée à San Diego? Départ le 02 Avril!

To Be Continued …

Note 1: L’adjectif « vieille » est ici employé pour qualifier une amitié de longue date, et non pas pour railler bassement l’âge de cette jeune femme! (Caro, c’est mieux comme ça? Au fait, à tout hasard, t’aurais pas un canap? 😉 )

Chelsea

Chelsea is 27 and come from Oregon, US. From 9 months, she is working on Rochade, which is what we called here a « Superyatch »: 160 feets (about 49 meters) of length, 2 annex boats used to make nautic activities like wakeboarding or water-skiing, 2 jets ski, 9 cabin crew, … and an extremly rich owner!

After some nice discussions on Tinder apps, the time was come for us to take a first rendez-vous. We did it in the middle of the Simpson bay bridge, a night of february in Sint-Maarten. She was beautiful, smiling and more: she was in line with my first criterias in term of girl, that means simple and natural. Indeed, this island can looks like the girls’ paradise for a charmer, but it’s really difficult to meet people who pretend to be what they are and who are what they pretend to be! Chelsea was rare, true, and this is qualities that I appreciated in her personality as soon as I saw her.

We spend long time to discuss about travels, and she told me a lot about her job; I really recommend to people who want to travel a lot by earning their life to try this experience: in addition to a nice salary, a 12 months bonus, free food and bedroom, she was travelling for free in an amazing boat which is finally more often empty than full of guests, enjoying marin life and nautic activities. So you reader, assuming that you are free, ready to discover the world and that you have not seasick on boat, why to not experience that?!

Superyatch Rochade

Superyatch Rochade

After some rendez-vous, I shown her how are the french gentlemen: a romantic pic-nic on the beach, which home-made food, candles and the ocean for single neithboor for a romantic night under the stared sky of Mullet bay: this was a magic moment like I(we?) didn’t have since long time.

That was also great with Chelsea was the way she loves to enjoy the days at least as much as the night, that was pushing me to leave my nightlife to make more outdoor activities, like hike the Paradise Peak! Without car, we did it from the main street by walking, and that was a real challenge! Several kilometers and 424 meters of altitude later, we were on the top of the Island, where the ocean on all side seems to be immobile: just a magic moment!

Chelsea and me in the top of the world

Chelsea and me in the top of the world

Last week, Rochade was leaving Sint-Maarten to join St Kitts island, bringing the owner and Chelsea on board. This is the only bad side of her job: her love life is made by little piece of meet, without leaving enougth time to love stories to come true.

Anyway, this is the spirit of travelling, and this is not that which will stop us in our life and world discovery. We’ll just remember that the some days that we have together was a great life experience. From now on, Chelsea is no more the name of a famous european soccer team in my head, this is the name of a great american girl: I just wish you the best for future.

* This is my first publishing in english: thanks in advance to be clement!

My Poker Life – Episode 2

Bad Beat

Bad Beat

Nous sommes le 13 Février et cela fait plusieurs jours que je n’ai pas écrit une ligne. Et pour cause, la semaine dernière a été agitée au niveau pokéristique: en 5 sessions de Cash Game NL200 (1/2) perdantes et consécutives, j’ai aperçu au loin le pied du mur, la hantise de tout joueur pro, la fin de l’aventure « My Poker Life »… « la banqueroute »!

On connait ce terme appliqué aux banques, aux sociétés, ou plus rarement aux ménages, surendétés grâce à Cofidis ou à l’autre salopard de petit bonhomme vert, qui vous prêtent généreusement de quoi vous acheter un nouveau téléviseur moyennant 18% d’intérêts sur 2 ans: ça valait le coup d’attendre les promotions de chez Carrefour pour le payer 2 fois plus cher, non?! A l’échelle du joueur de poker, cela veut dire qu’il a grillé la totalité de son fond de roulement, sa « BankRoll » ou « BR ». Il a beau être bon joueur (et ce point est discutable, sinon il n’en serait peut être pas là!), il a commis une ou plusieurs fautes, en jouant à des limites supérieures à ses moyens, en ponctionnant trop fortement sa BR à destination de son compte privée et/ou en ne sachant pas freiner à temps, c’est-à-dire prendre le recul necessaire à l’analyse des faiblesses de son jeu avant qu’il ne soit trop tard. Maintenant, il est « broke » comme l’on dit dans le jargon: il n’a plus un radis, ne peut plus investir 1$ pour rebondir. Il ne lui reste plus qu’à repartir chercher du boulot en tentant d’expliquer cette ligne « 2014 – 2015: Perdant au Texas Hold’em » dans son Curriculm Vitae ou à trouver un (très) bon pote assez fou pour investir sur lui alors que même les bandits de chez Sofinco lui auront claqué la porte au nez.

Et ce que je vous raconte là n’est pas rare, c’est même la normalité en fait. On considère que, dans le monde, seulement 5% des joueurs de poker sont gagnants, et qu’un faible 3% vit de ce jeu. Ces statistiques sont difficilement vérifiables, mais il ne me semble pas surprenant que 95% des joueurs perdent de l’argent sur le long terme; d’accord, tous n’ont pas tout plaqué du jour au lendemain pour vivre de leur passion et finir à la rue et tous ne perdent pas la totalité de l’argent du ménage sur un tapis vert (probablement par respect pour leur femme!), mais s’ils ne sont pas officilement « broke », c’est juste qu’ils préfèrent ne pas faire les comptes!

Je vais vous rassurer tout de suite, je n’en suis pas tout à fait arrivé là – ouf! Après la ponction mensuelle de Janvier destinée à payer le loyer de l’appartement et deux/trois bricoles, ma BR était revenue à son état initial, soit à un niveau suffisamment élevé pour me permettre de continuer à jouer en NL200. S’en est suivi une periode de ce que l’on apelle « Bad Runs ». Cela signifie que la variance négative liée au jeu entre en action de façon répétée et consécutive: lorsque vous étiez favoris pré-flop, vous êtes battus post-flop; lorsque vous étiez favoris post-flop, vous êtez battus à la turn ou la river, et ceci plusieurs fois d’affilées, vous faisant perdre de l’argent mais pas seulement. En effet, un acharnement de malchance peut vous faire perdre votre confiance et ainsi votre capacité à remporter le moindre dollars pour les mains, voire les sessions suivantes; si bien qu’à partir d’un moment, c’est le risque de perdre votre objectivité et de mal jouer qui vous guette serieusement, ne faisant que précipiter votre chute.

Croyant au départ à l’unique faute à « pas de chance », il m’a fallu quelques jours de congès et une randonnée sur le Pic Paradis, loin de tout ce petit monde, pour prendre le recul nécessaire à la situation. Oui, j’ai eu un enchainement de mauvaises rencontres (aussi appelées « set-up », ces moments où vous avez une main très forte mais que votre adversaire a l’une des rares combinaisons de cartes qui vous battent) et de malchance qui a fait que j’aurais perdu un peu d’argent de toutes façons: cela s’appelle la variance. Elle est inhérente au jeu et c’est grâce à elle qu’il est possible de gagner de l’argent sur le long terme: sans ce phénomène de hasard ou de « chance », les gros poissons, alors certains de perdrent, ne s’attableraient jamais au côtés de bons joueurs dans les casinos! Mais il n’y a pas eu que cela. J’ai également mal réagi face à cette situation: je n’ai pas suffisamment limité la casse et n’ai pas remis en cause mon jeu suffisamment tôt, pêchant par égo. Ainsi, en l’espace de 5 jours, j’ai perdu 50% de mon fond de roulement à la table, soit plus de 1500$. Le problème de ces pertes est double: certes, il faut les rattraper avant de penser à pouvoir gagner le moindre dollars pour vivre, mais il faut également jouer correctement avec la pression de devoir gagner coûte que coûte, le confortable fauteuil dans lequel vous vous pavaniez étant devenu une chaise pliante Ikea.

Un bon joueur étant nécessairement un bon manager de BR, j’aurais normalement dû à ce moment là descendre d’un palier pour jouer en NL100 0.5/1. Seulement, ce genre de table de Casino n’existe pas ici, alors il ne me restait plus qu’à serrer les fesses en attendant que la tempête passe! En parallèle, j’ai tenté de prendre du recul pour réfléchir à tout ça, aux nombreuses failles de mon jeu que je ne pouvais plus me permettre d’ignorer, et ai surtout longuement observé un joueur pro de l’île avec qui j’ai sympatisé et qui, je dois l’avouer, m’a profondément inspiré.  En l’espace d’une semaine, je suis revenu à certaines bases simples, ai regardé plusieurs vidéos de coaching sur Internet et ai fait évolué mon jeu pour qu’il devienne bien meilleur que la semaine passée, mais également plus solide que le mois dernier. Et vous savez quoi? Cette stratégie rigoureuse a été immédiatement payante puisque j’ai repris confiance en moi, et qu’en 7 sessions positives consécutives, non marquées par un gros retour de chance ni par de gros mauvais coup du sort, j’ai réussi à redresser la barre et à être serieusement positif à mi-février.

Vous l’aurez compris, la mauvaise période est passée, et c’est surement pour cela que je me sens plus à l’aise pour écrire cette article aujourd’hui. J’en garde cependant un souvenir très positif au final et de nombreuses leçons de jeu qui, j’en suis certain, me permettront de minimiser les pertes et de rebondir plus rapidement la prochaine fois; parce qu’il y aura forcément une prochaine fois… That’s Poker!

Peak Paradis View

Peak Paradis

Partir ou rester?

Saba Island view

Saba Island view

Ayant prévu de quitter l’île de Saint-Martin pour reprendre la route le 3 février 2015, après un mois « d’immobilité », je me suis retrouvé face au premier dilemne de mon périple: partir ou rester?!

Durant mes premiers mois de voyage, ce choix n’était pas bien difficile: je vadrouillais de villes en villages, discutais avec des gens, locaux ou pas, et me contentais d’écouter, chacun y allant de son petit avis quand aux choses « amazing » (1) ou « mucho lindo » (2) à faire ou à voir absolument dans le coin; après un rapide examen de « l’activité », de ses risques et de son coût éventuel, je posais mon backpack entre un et quatres jours dans un endroit bon marché et me lançais ou pas dans ces petites aventures, toujours en accord avec mes goûts et mes envies du moments – la liberté quoi! De l’ascension de pics à la visite de cascades et de lacs au fin fond de forêts tropicales, en passant par la rencontre d’animaux préhistoriques ou les balades épiques en moto-concho (moto-taxi) en pleine pampa, je commence à avoir quelques anecdotes sympas à raconter et quelques paysages somptueux dans la tête!

Mais voilà, ici, à Saint-Martin, le choix de me remettre en mouvement s’est avèré plus complexe que prévu. En effet, derrière un aspect très superficiel et touristique qui m’a un peu rebuté au début, j’ai peu à peu découvert une île plaisante à vivre, riche de voyageurs et d’aventuriers de tout horizons – et je ne parle pas des touristes qui débarquent là pour un jour ou une semaine en resort, non! -, je fais allusion à mes compatriotes qui ont décidé de tout quitter pour vivre différemment la France (ou la Hollande), à ces travailleurs itinérants venus de tout pays et qui, le temps d’un mois, d’une saison ou d’une vie, font escale sur le sable blanc de ses côtes pour allier emploi et plaisir. Et puis il y a cette nature omniprésente, fabuleuse et variée, du fait de la multitude de petites îles alentours: Saba, Saint-Barth, Tintamarre, Saint-Eustatius, Anguilla, Pinel, … Bref, des spots de plongée en veux-tu en voilà, de l’eau plus claire que la Christaline de notre Guy Roux national à perte de vue, des petites plages intimes à foison et une bonne dizaine de montagnes à gravir: que demander de plus? Des casinos, pour pouvoir jouer et continuer à voyager? Des bars sympas, pour rencontrer du monde et faire la fête de jour comme de nuit? Des strip-clubs pour … oups!

Vous l’aurez compris, je me sens bien ici: j’ai commencé à me faire à l’ambiance, à rencontrer des gens qui me sont positifs, tant « pokeristiquement » que socialement, et j’ai encore tellement à découvrir avant de partir! Pour toutes ces raisons, en m’affranchissant du paramètre temps et en écoutant mon coeur, j’ai pris la décision importante de réinvestir tous mes gains de jeu du mois de Janvier dans des palmes, un masque, un tuba, la location d’un vélo, et … un mois de loyer supplémentaire! C’est décidé, la Colombie attendra un peu; et puis, avec un peu de chance, elle sera toujours là le mois prochain, prête à m’ouvrir les bras, ne croyez-vous pas?

Sunset Mullet Beach

Sunset Mullet Beach

Notes:

(1) « Amazing »: mot anglais que l’on pourrait traduire ici par « incroyable »

(2) « Mucho lindo »: mots espagnols que l’on pourrait traduire ici par « très beau », « très mignon »

My Poker Life – Episode 1

Il est 17h. Dans ma nouvelle vie d’aventurier/blogueur/voyageur/photographe/joueur, il est l’heure d’écrire. J’essaie de gratter un petit peu chaque jour depuis quelques temps, histoire de ne pas perdre le fil et de ne pas oublier de vous mentionner les petits détails croustillants qui font le charme des longs récits.

Pour la première fois depuis le début de mon périple, j’ai dormi dans le même lit plus de 15 jours de suite, ici, sur l’île de Saint-Martin, et ainsi s’est installé ma nouvelle petite routine quotidienne. Levé 11h, petit tour sur Internet, près du spot wifi gracieusement offert par l’American University of Caribean pour checker mails, blog et réseaux sociaux, sport pendant 30 minutes, un bon déjeuné avec des produits sains dans la mesure du possible – « sain » est un mot très peu utilisé ici en ce qui concerne la nourriture, la quasi-totalité des produits étant importés des USA! -, une ou deux heures de détente, de méditation et de lecture à la plage, écriture, diner, et poker, de 21h à 3 ou 4h du matin. Enfin, et ce à mesure que les parties se font de plus en plus palpitantes, je mets une bonne heure à faire redescendre la pression et à décrocher, pour enfin m’endormir paisiblement vers 5h: à travailler! Mais bon, on s’en fou de ma vie, parlons jeu maintenant, puisque c’est tout de même le but de cette série de publication « My Poker Life »!

République Dominicaine

La première session de Texas Hold’em de l’aventure se déroulera en République Dominicaine, à l’occasion de mon passage dans la ville de Punta Cana, au Hard Rock Cafe & Casino. Le truc bête mais chiant, d’entrée de jeu, c’était la localisation, à plus une dizaine de kilomètres de l’auberge de jeunesse, qui nécessitait l’utilisation d’un taxi. Cela impliquait des frais d’accès élevé à la table de l’ordre de 40$ – les prix à Punta Cana sont exorbitants par rapport au reste du pays, quand on sait que l’on peut dormir 4 jours dans un hotel comme celui de Barahona avec la même somme, ça dérange! -, ce que je tacherai d’éviter à l’avenir. Bref, cette première session de 3 heures au Hard Rock Café sera mauvaise, pour ne pas dire très mauvaise: cavé à 150BB sur du NL100 1/2, je perdrai la moitié d’une cave en jouant horriblement mal et en me frottant bêtement à un régulier, et l’autre moitié en perdant un 70/30 contre un fish saoul, KK vs 56s à tirage couleur, all-in sur un flop Q94 qui fera quinte runner runner (T7, R3). Tellement peu content de moi ce soir là, je rentrerai à la maison sans recaver, retournant à mes occupations de simple baroudeur et oubliant le poker quelques temps…

Puerto Rico

Une semaine passe, et je recroise une ville à casino: San Juan, à Puerto Rico. Je m’y installe donc quelques jours avec l’envie de plumer du touriste et me lance à la recherche de bonnes vieilles tables de Cash Game. Habitué au 1/2 No Limit, j’ai d’abord été étonné par les limites proposées par tous les établissements du coin: du « 2/5 3 Bet Max 2BB ». Cela veut dire que la première relance préflop est limitée à 3BB, et que seulement 2 re-raise sont autorisés, à 5 puis à 7BB – mais cela s’avèrera être extremement rare. Idem au flop, turn et river, la première mise sera de capée à 2BB avec 2 re-raise autorisés, respectivement à 4 et à 6BB. Autant vous dire qu’il est de hors question de penser couper quelques côtes que ce soit sur ce genre de table, et à la vue des clients – des locaux ou des vacanciers simplement là pour se détendre et prêts à vous suivre au bout du monde pour un tirage double paire -, ça n’aura que peu d’importance au final.

Au début, j’ai hésité à sortir des limites que je m’étais fixés, à savoir les parties 1/2; mais voyant que tous les joueurs cavaient seulement entre 20 et 40BB, je ne me suis pas fait prier longtemps et me suis assis par trois fois aux tables du Mariott de San Juan avec 60BB devant moi.

En neuf heures de jeu dans ce même casino, je ne rencontrerai aucun professionnel, – peut être 2 ou 3 joueurs vaguement sérieux venus des US, mais guerre plus -, et opterai pour une stratégie très basique: bonne selection de mains pré-flop, relances à 3BB des mains ATs+ et présence dans des pots non relancés avec des connecteurs suités dès que plus de 3 joueurs sont dans le coup. A mon sens, il n’y a pas de secret sur ce genre de table: les pots dépassent rarement les 20BB et se gagnent avec un bon kicker, quand le vilain d’en face ne fait pas une moche double paire, une quinte ou une couleur sortie de l’espace.

Au final, je ressortirai respectivement des trois sessions avec +50BB, +30BB et +40BB, rattrapant mes bêtises de République Dominicaine.

Saint-Martin

Le 2 Janvier 2015, j’attérissais à Saint-Martin, paradis des joueurs et des flambeurs situé au beau milieu des Caraibes; c’est ici d’ailleurs, au Casino Royale de Sint-Maarten (nom de la partie Hollandaise de l’île) que se joue chaque année, en Novembre, le légendaire Caribean Poker Tour.

Grâce à mon ange sur place, une amie de mon grand frère, me voilà installé pour 31 jours dans un T2 excessivement cher, mais qui aura le mérite d’être sécurisé, près de plages magnifiques et des meilleurs casinos de l’île! Et oui, la (fausse?) bonne idée, c’est qu’à moins de 10 minutes à pieds de mon appart se trouve l’Atlantis World, seul casino à proposer des tournois réguliers, et le fameux Casino Royale, très connu également pour la fréquentation de ses tables de CG 1/2.

Ayant un loyer de 1200$ à rembourser et du temps devant moi, je me lance sans retenue aucune dans les tournois quotidiens proposés par l’Atlantis, enchainant le 300$ du premier Samedi du mois, le 100$ du Dimanche, le 20$ Rebuy du lundi, – non, le mardi c’est salsa, les pieds dans le sable à « La Bamba »! -, le 30$ Rebuy du Mercredi, le 100$ du Jeudi, … et tout ça sans la moindre victoire,  tantot en déchattant sur ces structures à deux doigts d’un boucherie, tantôt en proposant un jeu de touriste médiocre, me mettant dedans de près de 750$ en moins d’une semaine: welcome le Frenchie! Quand on est un joueur « pro », et que l’on commence à douter de ses capacités à remporter le moindre dollars sur cette île maudite, que fait-on, je vous le demande?! Ben on appelle son pote JB et on lui balance tout ses problèmes à la tronche! Il passera le temps qu’il faudra à insister sur la variance du jeu, sur le fait que ça va venir et qu’il faut savoir rester patient, qu’avoir perdu 1/6 de sa BR n’est pas un drame en soi; bref, il vous reboostera pour la suite: BANZAIIII!!! Merci mon pote!

Suite à quoi, remonté comme une horloge Suisse et prêt à en découdre avec le monde entier, je suis tombé malade … Entre la fièvre, les prises de sang à 7h du mat sur le côté français de l’île, la fatigue et les visites chez le docteur, peu de temps et d’envie pour jouer, jusqu’au 20$ Rebuy du Mardi suivant, qui s’avèra être un échec plus constructif que les autres, mais un échec tout de même. Puis viendra le 30$ Rebuy du Mercredi à 42 joueurs et cette table finale où l’on partagera les gains à 4, après 5 heures de jeu: +827$! OMG, enfin un ITM!

Le lendemain, après m’être fait éjecté du 100$ du Jeudi sur un vilain set-up après une heure de jeu, il est encore tôt et je décide d’aller m’essayer aux tables de Cash Game du Casino Royale, sur les conseils de Patrick, un autre joueur français rencontré quelques jours plus tôt.

Il est 22h30, une table de NL100 1/2 est en cours et une seconde est sur le point d’ouvrir. Les 6 autres joueurs cavent entre 50 et 100BB. Comme à mon habitude, je cave à 150BB, comptant bien utiliser cet avantage sur mes adversaires. La soirée s’écoule dans une ambiance bon enfant sur une table pleine, avec des relances préflop assez élevés, entre 6 et 18BB, un niveau général plutôt correct (surtout comparé à San Juan), et la présence de deux gros fishs, véritables distributeurs automatiques sur pattes contre qui tous le monde veut jouer. Après une bonne période d’observation, je commence à sentir la table et je décide d’adopter un style serré agressif s’autorisant quelques relances pré-flop et une présence sur des pots non-relancés avec des connecteurs suités, toujours en position. Bref, rien de neuf sous le soleil, mais je m’attèle à garder une image impeccable qui me servira au moins deux fois dans la soirée pour remporter de gros pots en bluff contre des joueurs sérieux. Le temps passe vite, et la soirée s’enflamme sur la dernière heure, 3 joueurs de loto recavant tour à tour à coups de 50BB pour les reperdre aussitôt, sauf miracle. J’aime ces moments où l’alcool décrédibilise totalement la valeur du portrait de Benjamin Franklin, mais je me forçais à garder à l’esprit que ces gens là restaient de dangeureux loustics imprévisibles, tentant de casser n’importe quel gros jeu avec des mains très (très) médiocres. Finalement, je terminerai la soirée en remportant un pot à 100BB avec KK face à deux petit tapis all-in préflop, ayant respectivement JQo et T8o: easy money! A la fermeture, à 4 heures du matin, je repartirai avec un gain net de +242,5BB. Une bonne soirée qui me mettra en confiance pour le lendemain, même casino, même table, même combat, où je finirai à +120BB.

Photo du Casino Royale SXM

Entrée du Casino Royale de SXM

En résumé de ce premier épisode, je reste sur une série de cinq sessions de Cash Game positives contre un parcours en tournois tout juste positif et pour le moins aléatoire, notamment à cause d’un mauvais joueur (moi!) et des structures locales, trop Buffalo Grill (mise à part peut être celle du 100$…). Ne devrais-je pas voir ici une directive claire, à savoir privilégier le Cash Game?

Si vous avez des commentaires, quels qu’ils soient, n’hésitez pas à me les faire parvenir: retranscrire des parties de poker est assez nouveau pour moi, et j’avoue avoir un peu de mal à cerner le niveau de détail nécessaire à l’intérêt du lecteur. D’autre part, je tiens à jour un tableau statistique où sont repertoriés tous mes résultats, manière de ne pas m’auto-floué sur mes gains/pertes rééls – drame du joueur de poker moderne! Ca m’embête de le rendre public, mais sachez qu’il est disponible pour tout ceux qui me connaissent sur simple demande par mail.

My Poker Life – Episode 0

My Poker Life

Poker Picture

Préambule

Comme promis, voici un premier billet sur le thème: « Vie ma vie de … joueur de poker professionnel »! En avant-propos de cette série d’articles, qui visera à vous faire suivre l’évolution de ma carrière de joueur et qui, je l’espère, ira le plus loin possible, il me semblait indispensable de commencer par vous exposer quelques précisions sur ma vision de l’aventure.

Primo, et ce afin d’éviter toutes confusions sur mes prétentions, vous noterez que le terme « professionnel » employé ici ne designe pas tant les bonnes performances du joueur, mais plutôt son acharnement à essayer de gagner sa vie au travers du jeu – ce qui fait une énorme différence! En effet, vivre grâce aux cartes sur le long terme, même pour un excellent joueur, s’avèrera être une tâche très ardue: il s’agira de gagner régulièrement et beaucoup, pour pérenniser sa cagnotte et ainsi être en mesure de mieux supporter la variance liée au jeu, mais aussi pour alimenter sa vie en dégageant un revenu net mensuel, couvrant entres autres les frais liés aux congès (sans soldes!), aux loyers, aux voyages, aux assurances, aux cotisations retraites, aux impôts … et j’en passe.

Deuxio, les textes qui suivront seront probablement un peu trop techniques pour les non-initiés: si vous avez des questions, des incompréhensions, n’hésitez pas à me les envoyer par e-mail, ou plus simplement à vous lancer dans des recherches sans fins sur Internet afin d’appréhender les mille et une facettes de ce jeu aussi complexe qu’intéressant.

Et enfin, tertio, nous parlerons ici essentiellement de la variante de jeu nommée « Texas Hold’em Poker » qui, me semble t-il, est maintenant la plus populaire – merci Canal + et merci Patoche (1)! – et pour laquelle des tables sont ouvertes dans la plupart des grands casinos du Monde.

Mon parcours

A 14 ans déjà, on pouvait régulièrement me trouver, le samedi soir, fourré dans l’arrière salle du bar du village, à fumer des cigarillos Café-Crème et à pousser des centimes sur un vieux tapis de Belote vert et tout peluchés. C’était nos premières parties de poker fermé à 5 cartes entres amis, qui à l’époque étaient synonyme de détente, de chance et surtout de « bluff ».

Puis, dans la première moitié des années 2000 est arrivé d’Amérique du Nord, sur son beau cheval doré, la version Texas Hold’em de ce jeu, avec ses fameux World Poker Tour (WPT) en 2003 et ses World Series Of Poker (WSOP – existant déjà depuis les années 70), retransmis partiellement sur une chaine de télévision francaise à partir de 2005, ses gains colossaux (mais ridicules par rapport à ce qu’ils sont devenus aujourd’hui) et ses stars, qui prouvaient par leurs régularités que les victoires ne devaient rien au hasard, bien au contraire. A 17 ans, à mon arrivée sur Toulouse, j’ai découvert une ville rose déjà adaptée à cette nouvelle tendance, avec les parties du Cercle des Pyrénées, seul cadre « mi-officiel » où les personnes majeures pouvaient jouer, et le forum Internet Toulouse-Poker, qui comptait déjà à l’époque plus d’une cinquantaine de membres actifs.

Alors on commence litteralement à se prendre au jeu, à faire des tournois clandestins à 5, 10 ou 20 euros chez les uns, chez les autres, à lire des bouquins, à apprendre, à échanger et à se passionner pour cette variante qui mêlait à merveille amusement, psychologie, observation, mathématiques et maitrise de soi.

Aujourd’hui, plus de dix années se sont écoulées depuis mes premières parties. Ce monde a bien évolué mais, contrairement aux prévisions, l’effet de mode ne s’est pas estompé. Ainsi, chaque année voit arriver son lot de nouveaux joueurs, le poker assossiatif s’est développé dans toute la France et les casinos se sont bien munies face à la voracité des gamblers, toujours plus grandissante. Ma passion pour ce jeu, elle, est restée intacte à travers le temps, ancrée au plus profond de moi-même. Bien sûr, il y a eu des pèriodes où je jouais plus ou moins, où je m’améliorais, stagnais ou régressais, mais je garde les meilleurs souvenirs de mes passages par les associations de Poker TAIP et THP, Vegas, les casinos Barrière et Gruissan, des heures de gloires et de grosse looses. Pour être totalement honnête, en tout et pour tout, je ne suis pas capable aujourd’hui de dire si j’ai gagné ou perdu de l’argent au cours de ma vie pokeristique, pensant naïvement que le bilan est légèrement positif. Je retiendrais simplement que je suis resté un joueur modeste dans ses mises, qui n’a jamais mis en jeu l’argent du loyer sur une table, et c’est déjà une victoire personelle!

Ma stratégie

Puisque ce voyage est la concétisation de tous mes rêves et aspirations les plus folles, le poker ne pouvait pas en être totalement exclu. Je me suis donc lancé le défi de jouer sérieusement et régulièrement cette année et de tenter de gagner de quoi prolonger cette aventure par le biais des cartes. Je n’ai pas la prétention d’être un bon joueur, mais seulement celle d’être meilleur que d’autres, ce qui est théoriquement suffisant pour gagner un peu d’argent. En effet, et là je m’adresse en particulier aux lecteurs mettant ce jeu dans le triste lot des jeux de hasards, la différence capitale entre les Machines à sous, le BlackJack, le Craps, la Roulette, etc … et le Texas Hold’em Poker de casino réside dans la nature de son adversaire. Dans le premier cas, vous jouez et jouerez toujours contre le même: l’établissement de jeu. Dans le second cas, la maison s’octroiera un « rake », c’est à dire un prélèvement de l’ordre de 5 à 10% sur l’argent joué à chaque coup couvrant les frais de fonctionnement des tables et un gain certain, mais l’adversaire principal reste et restera les autres joueurs présents avec vous dans la partie. En d’autres termes, et contrairement à l’établissement qui ne perdra statistiquement jamais – JAMAIS, j’insiste! -, certains de vos adversaires perdront, car ils auront pour principal défaut d’être faillibles, d’être humains. En effet, ils boivent, se droguent, se sont engueulés avec leur femme la veille, ont un égo surdimensionné, déteste se faire bluffer, ou viennent tout simplement à la table pour se détendre et dépenser le budget « vacances » de la famille, comme ils le feraient au restaurant ou au cinéma. Ma stratégie est donc de me concentrer sur ces « clients », et dans la même veine de repérer les bons joueurs à qui il ne faudra se frotter qu’avec une extrême prudence.

Ma cagnotte (BR ou Bankroll) de départ est fixé à 3000$. Elle est issue pour la moitié de gain pokeristique récent, et pour la moitié d’investissement personnel. Elle ne me permettra pas de jouer à des limites suffisamment hautes pour gagner ma vie, le premier objectif étant simplement de la faire évoluer, lentement mais sûrement, pour peut être plus tard tenter de franchir un step et jouer à des limites supèrieures. N’arrivant jamais à me décider définitivement entre Poker de Tournoi ou Cash Game, je me laisse la possibilité de pratiquer les deux, suivant l’envie du moment et les occasions rencontrés. Mes limites en tournois sont des entrées à 300$ maximum et des tables de Cash Game NL 100 1$/2$ cavé à 300$, ceci afin de ne pas transformer les pertes d’une soirée en mort totale du défi!

Voilà, je crois que vous savez à peu près tout sur mon histoire et mes ambitions; maintenant il n’y a plus qu’à, alors je vous donne rendez vous pour l’épisode 1 d’ici quelques jours en direct de Sint-Maarten, l’île d’acceuil du célébrissime Caribean Poker Tour!

Note (1): Patrick Bruel, dit « Patoche », qui commentera en 2005 le premier WPT retransmis en France à une heure de grande écoute sur la chaine Canal +.