… l’étape Bordelaise …

La Belle endormie …

Je me souviens de ce 02 Octobre 2016 comme si c’était hier. C’était un dimanche après-midi, et me voilà en gare de Bordeaux Saint-Jean, une énorme valise à roulette rouge à la main, à chercher la ligne C du métro euh… du tram! Ayant appris la date de mon début de mission quelques jours avant seulement, l’aventure était complète: nouvelle ville, nouveau job, bientôt nouveaux collègues, amis, appartement, quoi d’autre?! Tout, absolument tout ce qu’il y a à écrire quand on repart de zéro, dans une ville où l’on ne connaît pas âme qui vive. C’est étrange non? On a tous un ami, une cousine ou un parent, ou au pire une connaissance qui, vaguement, connaît quelqu’un qui vit dans telle ou telle ville! Bah non, pas sur ce coup là, pas à Bordeaux. Il faut dire que ce n’est pas le grand amour entre Toulousains et Bordelais il paraît, mais quand même ! Tant pis, on fera sans, la mise à l’épreuve n’en sera que plus bénéfique me disais-je. Deux heures plus tard, je rencontre Martine, mon hôte Airbnb, chez qui je vais passer mes deux premières semaines, le temps de me trouver un logement. Enfin, c’est ce que je pensais naïvement… Avez-vous déjà essayé de trouver un appartement, une colocation ou ne serait-ce qu’une chambre chez l’habitant à Bordeaux un mois d’Octobre? Cela sera ma première surprise! Vous avez beau être cadre, en CDI (mais en période d’essai, comme un bonne partie des arrivants), sans grandes prétentions ni exigences, avec une caution solvable, rien n’y fait: il va vous falloir un sacré coup de patte du destin pour réussir vous poser quelque part – et ça, c’était en 2016, c’est pire aujourd’hui! Finalement, après 6 longues semaines à payer 50€ la nuit, à vous balader d’appart en appart avec votre valise sur dos, le désespoir commence serieusement à vous guetter… Mais ça, c’était avant que je rencontre ce merveilleux couple de bienfaiteurs – et maintenant amis – au travers d’une annonce Facebook. Merci encore pour votre accueil chaleureux et pour votre bienveillance « les boys »: vous m’avez donné beaucoup de stabilité en m’hébergeant sur le long terme et vous aurez toujours une place à part dans mon cœur. Qui aurait cru que squatterai l’une de vos chambres plus d’un an en gravissant cet interminable escalier pour la première fois?!

Logement OK! Boulot? Par où commencer … Dès le début, j’ai été captivé par le fonctionnement de cette boite en 2016. Beaucoup de gens compétents, une bonne ambiance de travail malgré des projets et des contextes difficiles, mais de sacrés travers organisationnels: réorganisation annuelle, « gueguerre » de services, sous-traitants posés là sans formation, switch de projets en permanence, pression des clients … Bref, de quoi vite étourdir de jeunes diplômés fraichement sortis d’école! Malgré tout, j’ai rapidement retrouvé mes marques malgré deux années passées loin (très loin) des salles de réunion. Je me souviens avoir été le premier surpris de constater à quel point mes méthodes de travail, héritage de 10 années passés dans le milieu aéronautique toulousain, m’étaient revenues comme si elles ne m’avaient jamais quitté; le recul, la maturité et le plaisir en plus. Plaisir oui! J’ai pris beaucoup de plaisir professionnellement à contribuer à ma manière aux valeurs du groupe et à l’avancé des projets, et l’on peut s’enorgueillir d’avoir eu quelques victoires! En tant que prestataire au début, et conscient de la chance qui m’avait été donné de remettre le pied à l’étrier d’un emploi fixe finalement, j’ai vraiment pris à cœur la mission de service qui m’était confiée. C’est vrai quoi, je coûtais une fortune à cette boite, chaque jour, alors je ne pouvais pas me résoudre à m’y présenter, chaque jour, sans implication ou dévouement. Finalement, je crois que la clé est là, et j’en profite pour passer un message: collaborateurs de SSII, détachez-vous, prenez de la hauteur sur ce que vous faites, mettez sur la table vos expériences passées, penser à la chance que vous avez et à votre position extérieure. Vous vous considérez trop souvent – et certains vous considère parfois – comme une pièce rapportée, comme quelqu’un qui doit appliquer simplement ce qu’on lui dit. Mais il n’en est rien: vous êtes un joker, une pièce maitresse amenant un regain d’énergie à un client se trouvant dans une impasse technique ou organisationnelle. Ce n’est pas rien! Alors n’hésitez pas, amenez votre différence, votre richesse, et soignez vos clients; vous créerez une effervescence autour de vous, et recevrez en retour confiance et reconnaissance de votre travail. A mon sens, ces valeurs là, source d’un cercle vertueux, devraient être mises sur un piédestal, par les collaborateurs certes, mais aussi par leurs managers. Et ce fut le cas pour moi. Mes responsables, sans exception aucune, m’ont toujours accordé leur confiance. Je leur en suis encore mille fois reconnaissant aujourd’hui: assurément, j’ai grandit professionnellement et personnellement auprès d’eux ces cinq années durant. Alors je ne vais pas tout retracer ici, mais les projets furent nombreux et variés. Merci à tous, tous autant que vous êtes, pour m’avoir fait confiance, pour m’avoir supporter et permis de vivre ces aventures techniques et humaines. Je vous souhaite sincèrement beaucoup de plaisir à perpétuer ce que l’on a modestement commencer ensemble et bien plus encore.

Boulot OK! Amis? Sorties? Soirées? « Doucement le Toulousain…, c’est quoi cet accent d’abord?! ». Pour moi qui revenais de deux années de voyage au cours desquelles toute personne ressemblant de près ou de loin à un occidental devenait votre meilleur ami en l’espace de quelques heures, ce fut un véritable choc. En cause: la trentaine? L’accent? Mes capacités sociales? Les Bordelais? La France carrément? L’accent???! Va savoir … Alors j’ai employé les grands moyens: cours de salsa, site OVS – On Va Sortir -, Tinder, … rien n’y a fait durant quasiment 6 mois, de quoi serieusement remettre en question ses capacités sociales. Et puis, petit à petit, faisant parti du paysage, notamment du monde des danses latines, c’est comme si le bordelais s’étaient doucement habitués à ma présence… Et puis ça a décollé furieusement 🙂

Et c’est au tour de la ville: Bordeaux … je ne compte plus les journées et soirées mémorables que j’ai passé en ton antre. Très suspicieux au début quant à ta capacité à être accueillante et populaire, j’ai découvert un territoire idéalement situé, voisin de la Dordogne et du Pays Basque, en passant par les Landes et ce beau territoire Médocain. Bordeaux, la belle pas si endormie que ça, tu as cette énergie débordante dont seules certaines mégalopoles ont le secret. A 1h de Lacanau, du Bassin d’Arcachon et des magnifiques lacs de Hourtin ou de Biscarosse, je suis tombé amoureux pour toujours de tes plages et de ton océan. En toutes saisons, j’ai pris un pied monstrueux à faire face à la puissance marine: cette simplicité impose l’humilité à quiconque tente de s’y mesurer, et ça n’a pas de prix. Merci pour cette nature sauvage, pour ces bouteilles de vins partagées entre amis en scrutant la nuit tomber, pour ces balades à vélo, pour ces bouffées d’oxygène vivifiantes, et pour cette impression d’être en vacances n’importe quand, à coté de chez soi.

Aujourd’hui, au milieu des cartons de déménagement, cinq ans après mon arrivée alors que je pensais n’en passer que deux ici, j’ai un pincement au cœur particulier pour tout ce, toutes celles et ceux que je laisse ici derrière moi. Amis de la dance, collègues, voisins, amis d’amis ou rencontre du hasard: un grand MERCI encore pour votre bienveillance et pour tout vos bons mots de ces derniers jours. Cela m’est allé droit au cœur. Et pour sûr, Toulouse n’étant pas le bout du monde (même si l’on y prononce le mot « pain » différemment), on se reverra bientôt les amis! Ne changez rien, je vous aime.