My Poker Life – Episode 3: l’heure du bilan!

Déjà plus d’un mois s’est écoulé depuis le dernier épisode de la série d’articles « My Poker Life », retraçant mes aventures autour des tables de poker du monde entier. Après 3 mois de pratique assez « intensive » en République Dominicaine, Puerto Rico et Saint-Martin dans la peau d’un « joueur de poker professionnel », l’heure est au premier bilan et aux perspectives d’avenir.

Tout ces jetons???

Une bonne soirée!

Bilan

L’aventure « My Poker Life » en chiffre, c’est:

– 61 Sessions « live » sur 78 jours (10 Tournois et 51 Sessions de Cash Game)

– 27 heures de Tournois

– 200 heures de Cash Game No Limit Hold’em 1$/2$ (limite de croisière actuelle)

– 5 heures de Cash Game No Limit Hold’em 2$/5$ (one-shot test)

– 4 heures de Cash Game Pot Limit Omaha 5$/5$ (one-shot test)

– Plus de 7000 mains (approximation calculée à 30 mains/heure)

… et une courbe de résultat qui affiche une tendance tout à fait respectable!

Et maintenant?!

Ayant en tête l’idée de quitter l’île de Saint-Martin très prochainement, s’est naturellement posé la question de la suite à donner à cette aventure, qui n’était à la base qu’un épisode sur la totalité du voyage, censé durer quelques mois tout au plus.

Oui, « Quelques mois tout au plus » puisque le scénario était posé à l’avance: je devais jouer, avoir quelques hauts, quelques bas, finir par me faire rattraper par la variance et le tilt et, comme 95% des joueurs, me planter royalement, pouvant ainsi refermer tranquillement ce chapitre de ma vie et continuer ma route vers de nouvelles aventures humaines. Ainsi, le poker serait resté ce jeu auquel nous jouions entre amis jadis, pour lequel j’éprouvais une réelle passion mais qui se devait de rester dans la sphère privée, celle que l’on octroie aux distractions.

Sauf que ça ne s’est pas tout à fait passé comme ça… Outre les aspects négatifs liés au jeu et aux résultats, peu à peu devenus « obligatoires » – et qui sont autant de source de stress et d’anxiété quotidiennes sur lesquelles j’essaie de travailler -, je dois vous avouer que ma vie actuelle de « Joueur Pro » me plaît par bien des aspects, et notamment parce qu’elle ressemble à s’y méprendre à celle d’un homme libre, arrivant à subvenir à ses propres besoins en toute indépendance et n’ayant finalement de compte à rendre à personne. D’un point de vue financier, pour être totalement transparent avec vous chers lecteurs, je suis assez fier de ne pas avoir effectué d’opération bancaire sur mon compte français depuis plus d’un mois et demi, et de disposer d’une avance en cash suffisante pour pouvoir vivre encore deux mois sans apports exterieurs, sauf accident(s) pokeristique(s) majeur(s). Ok, avoir deux mois devant soi, ce n’est pas le Pérou me direz-vous, et on est ici plus proche d’une vie au jour le jour que d’un CDI avec mutuelle et épargne retraite! Mais n’est-ce pas là le prix de la liberté?

Et c’est ainsi qu’est né en moi ce dilemme: je reste conscient que vivre du poker sur le long terme est un projet de doux réveur et que 200 heures de résultats, aussi encourageant soient-ils, sont très loins d’être suffisants pour permettrent d’envisager quelque futur que ce soit dans le monde du jeu. Néanmoins, je sais pertinemment qu’arrêter l’aventure My Poker Life maintenant serait une grande source de frustration pour moi, ne me permettant pas de clore définitivement ce chapitre de ma vie. Et si, à condition d’évoluer vers des limites de jeu plus hautes, en 2$/5$ ou 5$/10$, il existait une chance infime de pouvoir voyager éternellement grâce aux cartes, alternant périodes de gambling et vacances aux quatre coins du monde, tout en assurant ses arrières? Et si un beau jour, la cinquantaine passée, je me retrouvais seul au coin d’un feu de cheminée, ressassant mentalement: « Tu as abandonné ce rêve: est-ce que ça aurait fonctionné si tu avais persisté? En aurais-tu seulement été capable?! »

Ces dernières questions achevèrent de me convaincre: mon hésitation n’était rien de plus qu’une manifestation de fébrilité. Si j’avais tout laissé derrière moi à Toulouse, ma famille, mes amis, ma copine, mon boulot, et si je voyageais avec mon sac sur le dos comme un loup solitaire depuis maintenant cinq mois, c’était avant tout pour vivre ce que la vie me proposait dans cet « ailleurs » et par dessus tout, pour ne rien regretter!

Alors cette décision que je pensais ardue à la base s’est tout à coup transformée en une affirmation implacable: « Il n’y a aucune raison rationelle pour t’arréter là! Fonce et vis ce qu’il y a à vivre! » C’était donc décidé: dorénavant, le poker ne serait plus seulement un jeu à pratiquer à l’occasion, mais bien un paramètre à part entière dans le choix de ma prochaine destination, et ce jusqu’à ce que mes résultats ne me permettent plus d’allonger la durée de ce voyage ou que je me lasse tout simplement de jouer.

Et s’agissant de la prochaine destination, il a fallu me rendre à l’évidence: le retard accumulé sur l’île de Saint-Martin, pour cause de maladie au début et de « profitage de la vie en toute insousciance » par la suite, fait qu’il est maintenant un peu tard pour rejoindre l’Amérique du Sud, qui verra arriver sa saison hivernale dès la fin du mois de Mai prochain. Et comme attiré par le célèbre dicton, cette année en Mai, j’ai décidé de faire exactement ce qu’il me plaît, c’est à dire profiter de cette aventure pokeristique à fond en participant au World Series Of Poker de Las Vegas, et en tentant de tirer profit de la manne de touristes qui s’y dépêche tous les ans à cette époque de l’année.

Dans cette optique, je m’apprête à quitter la mer des Caraïbes sur laquelle, il faut bien l’avouer, la saison touristique s’estompe peu à peu, emportant avec elle son lot d’américains prêts à vous faire gracieusement dons de quelques centaines de dollars sur le tapis vert. Mais voilà, pendant les deux mois qui nous séparent de Las Vegas, où pourrais-je donc trouver de nouveaux généreux donateurs et m’entraîner pour les championnats du monde? C’est con, mais à cet instant là, tu te sens hyper bien, te rappelant que tu as une chance incroyable; la même que celle de Robert et Lucette, dans cette célèbre publicité de la Française des Jeux: te voilà seul devant un globe terrestre qui tourne à n’en plus finir, t’ouvrant tout le champs des possibles quand au prochain pays à conquérir. Tends le doigts!

Toujours animé par l’excellent souvenir que m’avait laissé la Californie lors d’un séjour touristique, quelques années auparavant, mon choix s’est arrété là: pourquoi ne pas aller rendre visite à cette bonne vieille(1) Caro, fidèle amie (et lectrice!) française récemment expatriée à San Diego? Départ le 02 Avril!

To Be Continued …

Note 1: L’adjectif « vieille » est ici employé pour qualifier une amitié de longue date, et non pas pour railler bassement l’âge de cette jeune femme! (Caro, c’est mieux comme ça? Au fait, à tout hasard, t’aurais pas un canap? 😉 )